Thème : USAGE DE MATERIELS DIDACTIQUES EN SIC
CAS DU MULTIMEDIA DE FORMATION
Par
Hippolyte Kitambala Dwan Essa*
L’organisateur des journées pédagogiques de l'Ifasic m’a demandé de vous parler, ce dont je le remercie de tout cœur, de l’usage des matériels didactiques dans l’enseignement des SIC, plus spécifiquement dans le cas du multimédia de formation. Mon intervention, volontiers dépouillée de tout académisme excessif, évoque dans un premier axe, l’importance des matériels didactiques dans l’enseignement en général. Dans son deuxième axe, elle rappelle cette importance dans l’enseignement des SIC et donne quelques exemples concrets d’usage des matériels didactiques dans le multimédia de formation. Elle présente en guise de conclusion l'intérêt que l'IFASIC aurait à recourir à la mise en œuvre de quelques outils de l'environnement web pédagogique évoqués dans l'article.
Plan de l’exposé
1. De l’importance et de l’utilité des matériels didactiques dans l’enseignement en général
Il parait inutile de dire que les matériels didactiques et pédagogiques ont un impact direct sur ce qu’on enseigne dans les écoles et sur la façon d’enseigner. De nombreuses études faites sur les différentes perceptions du rôle du matériel didactique dans l'enseignement rapportent les avis de nombreux pédagogues, qui soulignent que la qualité de tout enseignement est toujours suspendue à un usage pertinent de matériels didactiques.
Pour cette raison, les planificateurs des programmes d’éducation de base se sont toujours préoccupés des problèmes liés au contenu, à la présentation, à l’utilisation, à l’approvisionnement et ceux liés aux aspects techniques et financiers de la production, de la distribution et du financement des matériels didactiques.
On sait que le manuel scolaire est souvent perçu dans l’enseignement à la fois comme l’une des premières formes de véhicule de l’instruction et comme une source importante de contenu et d’information pédagogique pour, aussi bien l’enseignant que pour l’apprenant. Il est courant d’entendre des pédagogues affirmer, à juste titre que : sans manuels, impossible d’enseigner les compétences, les concepts et les contenus prescrits par les programmes scolaires.
Plus que dans les pays plus développés, où il existe une gamme plus étendue de matériels et d’autres ressources pédagogiques, dans les pays relativement pauvres caractérisés par une carence récurrente de matériels didactiques dans les écoles, les manuels scolaires deviennent un véhicule fort important de l’instruction, sinon le seul. Dans certaines circonstances, on observe parfois une trop grande dépendance de l’enseignant à cet outil (soit pour raison de simple commodité où le professeur absorbe le manuel comme un maître-muet, soit par manque de formation pédagogique capable de promouvoir une lecture plus critique de ce matériel). On peut même dire, dans ce cas, que le manuel scolaire prend presque la place de l’enseignant dans le processus pédagogique.
Quoi qu’il en soit, le recours au matériel didactique dans presque toute forme d’enseignement, en général, est perçu comme une manière de bonifier l’enseignement et la formation. Son usage semble s’imposer dans l’enseignement de toutes les disciplines scientifiques. Des mathématiques à la littérature, en passant par la biologie, la physique, la chimie, l’informatique.., etc.. le rôle du matériel didactique dans l’enseignement de toute science est plus que souhaitable dès lors que ses postulats peuvent influencer la pratique des enseignants et des apprenants. Ainsi, de tout temps et pendant longtemps, le manuel scolaire, perçu tantôt comme la voie royale qui aura introduit de nouvelles pratiques de classe, tantôt, au contraire, comme un outil de conservatisme pédagogique, est resté, à tout le moins un des principaux, sinon, le principal témoin des traces concrètes de la vie scolaire.
Dans l’enseignement des TIC, d’hier à aujourd’hui, l’intégration progressive des TIC dans son processus, à l’origine aujourd’hui d’un concept nouveau mieux identifié par le sigle de TICE, est un bon prétexte pour servir de repère pour surligner l’importance de l’utilité et de l’usage des matériels didactiques dans l’enseignement des SIC. Même si, au préalable, un questionnement de base peut se poser afin d’essayer de susciter une rencontre, jusqu’ici trop rare dans les pays d’Afrique, entre didactique et technologies et aider à une prise en compte de la dimension didactique dans la formation aux technologies et dans les SIC.
De la technologie éducative des années 60 aux technologies de l’information et de la communication (TIC) d’aujourd’hui, il se pose, en effet, en miroir deux questions de base :
Première question : les technophiles[*] (passionnés de la machine et de la performance technique de l’ordinateur, de l’Enseignement Assisté par Ordinateur des années 70, de l’Internet, de la Visioconférence, etc.. d’aujourd’hui) se soucient-ils de didactique ?
Deuxième question : dans l’autre camp, les didacticiens et autres linguistes se soucient-ils d’intégrer les spécificités des TIC à leurs réflexions ?
Entre les deux, il y a lieu de dire qu’avec l’ « air du temps », il est possible de penser que la conjoncture actuelle crée des conditions plus favorables de cette rencontre. Aujourd’hui, le regain d’actualité des pédagogies actives autour des TIC est frappant. En s’appuyant de plus en plus sur l’intégration des TIC dans l’enseignement, on peut construire des outils didactiques par/pour l’enseignant ou par/pour l’apprenant. La didactique de chaque discipline est nécessairement interpellée par un mouvement qui, ailleurs, prend considérablement de l’envergure et ressemble parfois à un véritable raz de marée.
En toile de fonds à ce saut qualitatif dans le processus pédagogique, une grande ambition tissée autour d’une approche constructiviste de la pédagogie où faire créer et construire, par divers aspects, à des apprenants leur propre savoir, relève d’une démarche pédagogique spécifique, souvent bien différente des démarches autrefois et toujours plus expositives.
Il est vrai que pour prétendre utiliser à bon escient les TIC et la série d’outils didactiques qu’elles charrient. Il faut que l’enseignant connaisse la variété des produits et des usages qui sont envisageables et proposés par les TIC. Seule une formation technique à la création de matériaux pédagogiques, une formation à l’écriture de scénarios multimédia, à la conduite de projet multimédia, à la production des hyperdocuments, des hypermédia,etc.., pourrait offrir cette possibilité. Sur quels aspects faut-il avant tout se pencher, lesquels peut-on négliger ? Il y a encore ici une nécessité d’un lien de réflexion didactique et la spécificité du scénario multimédia.
Le multimédia de formation fait partie, pensons nous, des SIC. Dans un discours qui voudrait souligner et montrer les avantages liées à l’usage des matériels didactiques et /ou des ressources pédagogiques du multimédia de formation, il est bon au préalable de relever la sorte de double habit liée à ce concept : d’une part, ce concept sert de support d’exploitation pédagogique du matériel multimédia pour l’enseignement, d’autre part, il est considéré lui-même comme une discipline d’enseignement des SIC.
Dans le premier cas :
Le multimédia est perçu comme un outil (support) informatique susceptible d’enrichir l’enseignement des disciplines scientifiques. Il sert alors d’outil de simulation et d’animations comme moyen supplémentaire pour illustrer des concepts abstraits, de la discipline enseignée, pour favoriser l’assimilation de la matière. Quelques minutes peuvent suffire pour montrer à une classe et aux apprenants comment tel paramètre influence un phénomène que l’on vient d’étudier. Il peut aussi servir d’outil d’autoévaluation en encourageant, dans ce cas, une catégorie d’apprenants à revoir, à leur rythme, encadrés ou non par un enseignant, des notions vues précédemment dans un cours. L’aspect ludique, la qualité du graphisme, les simulations, l’interactivité, les modules d’évaluation constituent les points forts du multimédia par rapport aux autres supports didactiques, en l’occurrence le livre par exemple. Ici, le multimédia, de façon très schématique, peut se définir au sens large, comme la coexistence sur un même support des technologies de l’écrit, de l’image et du son. Il intègre de la sorte le principe fondateur de l’hypertexte, qui présente l’information selon une modalité de lecture non linéaire où les unités de sens sont reliées entre elles par la présence de liens. On ne peut visualiser la globalité de l’hypertexte. C’est l’action de l’utilisateur qui le rend interactif car les choix de ce dernier sont prépondérants dans le cheminement vers l’accès au sens. Cette non-linéarité est proche du fonctionnement du cerveau humain, par l’activation de réseaux et d’entrecroisements. L’accent est mis sur l’action de l’utilisateur, sur la possibilité qu’on lui donne d’effectuer des choix. L’attitude de l’utilisateur sollicitée par le support multimédia est donc proche de celle de l’apprenant : associations d’idées, éclatement et recomposition, tâtonnements, essais, erreurs, cheminements et détours. Tout comme une ressource papier s’articule autour d’un sommaire, une ressource multimédia s’appuie, elle, sur une arborescence sous forme par exemple de graphe en arbre qui donne la structure d’un ensemble d’informations. Le principe est de faciliter au maximum les associations entre les informations et les médias qui les véhiculent.
Dans le deuxième cas :
Le multimédia est perçu comme discipline de formation. Il peut donc faire objet de constructions des matériels didactiques pour accompagner cette formation.
Dans les deux cas, le multimédia constitue l’apothéose de l’intégration des TIC dans l’enseignement et propose désormais le développement des divers projets de construction de matériels didactiques dont l’usage est de plus en plus fréquent dans l’apprentissage et/ou l’enseignement multimédia.
On évoque, par exemple, la création de pages et de sites Internet par des élèves. On allègue la création des activités pédagogiques basées sur l’échange de courriers électroniques entre classes et apprenants distants. On parle aujourd’hui du Web 2.0, du développement du réseautage dont certains services trouvent de plus en plus des applications dans la pédagogie. Qu’ils s’agissent du e-learning, de la mise en line de cours, du portfolio et du blog pédagogique, de la formation ouverte à distance, des interactions des réseaux sociaux, etc.., toutes ces applications décrivent aujourd’hui les environnements pédagogiques sur le Web. Les environnements pédagogiques du et sur le Web peuvent aider substantiellement le développement de formations universitaires en ligne et la gestion des étudiants reliée à ces cours. Il présente plusieurs avantages. Un nombre illimité d'étudiants peuvent accéder à un cours en ligne, à n'importe quel moment et de n'importe où dans le monde. L'utilisation de médias complexes, tels que les illustrations vidéos et les éléments interactifs comme les simulations et les questionnaires corrigés automatiquement, peuvent potentiellement améliorer la qualité de l'enseignement. Les cours en ligne peuvent éventuellement réduire les coûts s'ils touchent un grand nombre d'étudiants. Enfin, si les moyens de communication sont utilisés de façon adéquate, ils favorisent les échanges personnalisés entre étudiants et enseignants.
On peut indiquer ici le caractère de pull media (média passif) que peuvent représenter les fonctionnalités des environnements pédagogiques du Web qui se développent sur un serveur Web et qui donnent accès à des informations sous différentes formes (textes, hypertextes, formulaires interactifs, vidéos, etc.). L’utilisateur, en l'occurrence l'apprenant, peut accéder aux informations accessibles à la demande. Ainsi, l'apprenant décide quand il veut accéder au matériel pédagogique et à quel rythme il souhaite travailler. Par ailleurs, dans ce type d'environnement les communications entre l'apprenant et l'enseignant se font généralement de manière asynchrone.
Idéalement, les fonctionnalités d’un environnement pédagogique se caractérisent et se conçoivent selon des points de vue des différents acteurs : les étudiants, les auteurs du matériel pédagogique, les enseignants et les administrateurs de cours.
Du point de vue de l'étudiant, l'environnement pédagogique doit absolument être très simple d'utilisation, de façon à permettre même aux étudiants les plus inexpérimentés de s'y retrouver facilement. Un étudiant devrait pouvoir naviguer librement dans la structure du cours et avoir un accès facile aux services spécifiques comme les outils de recherche, les outils de communications, l'index et le glossaire. Si ces fonctions de base ne sont pas extrêmement simples à manipuler, la plupart des étudiants seront repoussés par l'utilisation d'un cours en ligne. Afin d'aider l'étudiant dans sa démarche d'apprentissage avec un cours en ligne, l'environnement doit permettre les annotations personnelles. Le papier étant encore l'un des médias les plus pratiques et les plus utilisés, il devrait être possible d'imprimer le matériel du cours (ou des parties du matériel) avec ces annotations. Les contacts sociaux restent fondamentaux dans les situations d'apprentissage. Les étudiants devraient pouvoir se présenter grâce à une page Web personnelle, avec photo, liste de hobbies et autres informations personnelles. Au delà de simples jouets, de telles présentations personnelles facilitent les contacts entre étudiants dans un contexte d'enseignement à distance.
Du point de vue de l'enseignant son rôle est de guider l'étudiant dans le cours interactif et de lui fournir une aide appropriée sur toutes les questions qui touchent le cours. L'enseignant doit donc disposer du même environnement de communication (synchrone et asynchrone) que les étudiants. De plus, l'enseignant doit pouvoir suivre les activités de l'étudiant dans l'environnement pédagogique. Le fait de surveiller les actions de l'étudiant est perçu comme un suivi visant à détecter les difficultés des étudiants ou encore d'éventuelles déficiences du cours lui-même. Un enseignant qui ne disposerait pas de ces outils de surveillance serait en quelque sorte aveugle par rapport à ses étudiants et risquerait de passer à côté de la dynamique de la classe.
Par ailleurs, la nature de communication mise en évidence dans un environnement pédagogique Web est de deux types : synchrone et asynchrone. Le courrier électronique représente le moyen de communication asynchrone le plus utilisé. L'environnement pédagogique devrait offrir une plate-forme Web d'échange de courrier, car tous les étudiants ne possèdent pas d'adresses électroniques privées et des listes d'étudiants inscrits à un cours donné peuvent être maintenues à jour plus facilement. Le système devrait également offrir des services de communications de groupe, forums de discussion et espaces partagés dans lesquels les étudiants peuvent échanger des documents. L’autre type probablement moins importantes, les communications synchrones comme les tableaux partagés, les conférences audios et vidéos sont également utiles. Même si, il ne s'agit de là que des gadgets attrayants, leur utilisation nécessitant un ordinateur bien équipé et des connexions à haut débit. Il peut également s'avérer difficile de les utiliser de façon satisfaisante du point de vue didactique.
Visiblement, tous ces bémols montrent qu’il serait faux de penser que, ce type d'enseignement ne présente que des avantages. D’aucuns y perçoivent également des inconvénients et dénotent notamment que les méthodes d'enseignement classiques conviennent mal à ce type de formation. On observe parfois des réticences de la part des étudiants et des enseignants. Le développement des cours sur le Web exige des ressources conséquentes, tant sur le plan technique que financier.
Nonobstant ces mises en garde, il y a lieu d’indiquer dans la suite, deux outils Web particulièrement faciles à construire souvent utilisés comme matériel et/ou ressource pédagogique dans le multimédia de formation. Il s’agit de :
De plus en plus d’enseignants souhaitent pouvoir diffuser leurs supports de cours, proposer des activités pédagogiques, promouvoir un projet, afficher le travail des élèves ou encore présenter leur établissement scolaire via un site Internet. Hier encore une simple tendance, on note aujourd'hui que les sites web pédagogique ont désormais une légitimité certaine dans le domaine scolaire. De plus en plus d'écoles et de professeurs ont leur propre site internet. Nul besoin désormais de posséder des connaissances approfondies en informatique pour se lancer dans un tel projet : des outils simples et gratuits sont en effet à la disposition de tous ceux que la création hypermédia intéresse.
On crée un site Web pédagogique aujourd’hui, pour :
§ partager ses propres ressources pédagogiques qu’on a repéré et/ou testé utiles pour sa classe ou qu’on souhaite partager avec les pairs ou ses étudiants ;
§ faire connaître son établissement en prenant en charge la création du site de son établissement ou collaborer à son enrichissement.
§ Fournir des ressources didactiques et documentaires
dans le cadre de ses cours (supports de cours, documentation, liens utiles) ;
dans le cadre de ses cours (supports de cours, documentation, liens utiles) ;
§ Communiquer des activités d'apprentissage (Exercices, Travaux pratiques, Scénarios pédagogiques) ;
§ Faire connaître des travaux d’élèves, etc..
Le blog exclusivement consacrée aux usages pédagogiques sert aussi aujourd’hui de plus en plus de plateforme, très simple d’utilisation, permettant à un professeur de construire avec ses apprenants une relation complémentaire de celle établie en classe. Lieu d’information, de publication de complément de cours ou encore de valorisation de travaux réalisés par les élèves, le blog s’avère être un outil pédagogique efficace.
Il semble bien que l’usage et la pratiques du multimédia et des matériels didactiques dans l’enseignement du multimédia de formation vont devenir, incontournables et inévitables dans un futur proche. Même s’il faut éviter tout opportunisme et tout snobisme liés à l’ «air du temps ». La plupart des arguments poussant à rejeter l’emploi des TIC au nom de l’instruction, de l’humanisme qui ne doit pas laisser les enfants seuls face à un univers de "machines" ne sont pas de meilleur aloi. L’intégration des TIC dans l’enseignement et donc dans la construction et l’usage des matériels didactiques multimédia suscitent un véritable d’intérêt pour :
§ le travail coopératif ou collaboratif entre apprenants dont se félicitent de nombreux pédagogues qui la cohérence entre le recours à Internet et les approches avec les orientations et les directions actuelles de la communauté éducative.
§ les contacts et collaboration à distance, en particulier grâce au courrier électronique, outil simple à utiliser.
§ la création des documents par les apprenants à la présentation ou au graphisme d’une qualité sans comparaison avec celle des supports traditionnels grâce aux logiciels permettant de créer des pages illustrées, etc..
§ la création des situations de communication et d’échanges qui seraient beaucoup plus difficilement envisageables sans les TIC, et auraient un impact moindre pour les apprenants concernés.
§ la consultation ou la recherche de documents sur la Toile dont la navigation de site en site pourrait constituer un outil puissant d’ouverture vers l’extérieur, d’éveil de la curiosité et de perception d’autres cultures.
§ l’individualisation du rythme de travail, par une participation active de chaque apprenant à toutes les activités proposées par un cédérom ou un site pédagogique. Chacun peut avancer à son rythme, demander de l’aide, construire en partie son cheminement d’une activité à l’autre. Les erreurs et les demandes d’aide sont adressées au logiciel, à la machine, repérées par eux et non pas par l’enseignant ou les autres élèves du groupe.
§ L’anonymat et l’intimité du travail individuel dès lors que le logiciel est souvent perçu comme un outil puissant de déblocage des apprenants timides, par exemple, ceux qui hésitent à participer dans une activité de groupe.
Pour tous les avantages évoqués ci-dessus, pour la rapidité du retour qu’il offre par rapport aux supports plus classiques, pour la réactivité et l’interactivité qu’il véhicule, le support électronique constitue, dans un contexte d’environnement Web pédagogique, un puissant élément et facilitateur de transmission de connaissance.
Il est bien évident que ces potentialités ne dispensent en rien d’un regard lucide et éclairé sur les situations créées pour l’apprenant et la qualité des ressources. La distance est parfois trop grande entre ce qui serait possible et ce qui est effectivement réalisable. Certains produits multimédia ne sont que le brillant emballage d’un contenu vide d’intérêt ou de pertinence. Certaines activités sont proposées aux apprenants de manière telle que la mise en œuvre va à l’encontre des principes de départ affichés.
Il convient de toujours penser à l’intérêt pédagogique réel de ce qui est proposé à l’apprenant. Une approche didactique reste nécessaire en toutes circonstances pour apprécier à leur juste valeur les réalisations. On ne se laissera pas inutilement impressionner par les pressions ambiantes en faveur des TIC. On ne les rejettera pas non plus trop vite. Les insuffisances ou les défauts de certains produits peuvent, par exemple, être compensés par des accompagnements appropriés. Manuels et cassettes, séquences pédagogiques "classiques" ne sont pas non plus sans défauts.
Dans le cas concret de l’Ifasic, la mise en applications de certaines des idées web pédagogiques, ci-haut mentionnées, peuvent aider fortement à contourner les onéreux déplacements des professeurs que l’institution opère chaque année pour la formation de ses étudiants de ses extensions de Mbandaka et de Mbuji Mayi. Ces déplacements, on le sait, grèvent parfois lourdement le maigre budget de l’institution. Qui a dit que l’un des avantages précieux de l’Internet était de briser les distances ?
Références bibliographiques
Authier, M., Lévy, P. Les arbres de connaissance. Paris : La Découverte, 1992.
Bourguignon, C. "Multimédia : quels enjeux pour la didactique des langues ? " in Billiez, J. (éd.) De la didactique des langues à la didactique du plurilinguisme - Hommage à Louise Dabène. Grenoble : université Stendhal Grenoble III, CDL - Lidilem. pp. 137-144, 1998
Bruillard, E. Les machines à enseigner. Paris : Hermès, 1997.Carré, P., Moisan, A., Poisson, D. 1997. L’autoformation - Psychopédagogie, ingénierie, sociologie. Paris : Puf.
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Demaizière, F., Dubuisson, C., Blanvillain, O. De l’EAO aux NTF - Utiliser l’ordinateur pour la formation. Paris : Ophrys, 1992..
Jézégou, A. La formation à distance : enjeux, perspectives et limites de l’individualisation. Paris : L’Harmattan, 1998.
GAUTELLIER Christian, CRINON Jacques (dir.), Apprendre avec le multimédia et Internet, Paris, Retz, 2001.
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